Voici ce qu'écrivait Gilles Savary il y a précisément un an :

  • « Comme annoncé, une cinquantaine de militants de la CGT, accompagnée d'anarchistes ombrageux qui refusent de serrer la main aux "ennemis de classe", est venue manifester à ma permanence sans violence, ni excessive agressivité ! Ils ont refusé de constituer une délégation pour échanger au fond sur la loi El Khomri dans mon bureau, préférant que je me coltine à leurs invectives dans la rue au milieu d'eux, sans doute pour se donner de la force et du courage ! 
    Ils m'ont logiquement demandé de changer d'avis sur la loi El Khomri, en me faisant par ailleurs un procès d'insincérité pour avoir changé d'avis sur la LGV GPSO, oubliant qu'Alain Rousset avait fait un score d'éléphant dans ma circo en soutenant le projet bec et ongles ! 
    Ils ne m'ont parlé que protection des salariés sans jamais évoquer le compte personnel d'activité (la sécurité sociale professionnelle promise par le candidat Hollande, qui constitue une innovation sociale capitale pour les droits des salariés) ni les 5 millions de chômeurs que compte notre pays ! 
    Ils m'ont expliqué que la France ne devait pas se préoccuper de ce qui se passe dans le monde et surtout ne pas vouloir copier des pays où le chômage est plus faible ; que seule comptait la lutte des classes car les patrons sont des oppresseurs ! 
    Ils ont dénoncé le caractère non démocratique du 49-3, tout en me demandant de voter la censure ! 
    Sous les invectives, parfois personnelles, je leur ai dit qu'au point où nous en sommes, et si les frondeurs devaient à nouveau prendre le Gouvernement en otage, je suis personnellement favorable à une dissolution de l'Assemblée Nationale. Les Français sont épuisés, non pas de la loi El Khomri, mais des troubles choquants qu'elle suscite et qui traduisent un état moral désespérant du pays ! Le Président de la République et désormais le Premier Ministre y épuisent également ce qui leur reste de crédit... 
    La semaine dernière devant le Premier Ministre, j'ai émis l'hypothèse d'une dissolution de l'Assemblée devant une vingtaine de collègues députés plutôt qu'un nouveau 49-3 ! Autant dire qu'elle a été reçue comme une invitation à se rendre à l'abattoir ! Seul le Premier Ministre considérait qu'elle faisait partie des scenarii possibles, mais c'est le Président de la République qui a seul ce pouvoir. 
    Pourtant il me semble que l'état moral du pays justifie un geste fort de l'exécutif ! Tant pis pour nos sièges, qui sont peu de choses en regard de l'intérêt de la République ! »

À l'heure actuelle, les Français restent épuisés… Mais lui va pouvoir se reposer ! Alors, heureux ?…

20-Pupitre