Mon ami Gérard m'a fait passer cette lettre ouverte qu'il a rédigée à l'attention de Gilles Savary. Je n'aurais pas su m'exprimer avec une telle clarté et c'est sans hésitation que je co-signe ce message :

  • LETTRE OUVERTE A Mr SAVARY, DEPUTE SORTANT, CANDIDAT AUX LEGISLATIVES

    Monsieur,
    Vous avez signé récemment, avec 160 de vos collègues socialistes, un billet dans « Le Monde » où vous présentez le travail accompli pendant votre mandat : que de réussites ! Qu’il s’agisse des progrès sociaux, des retraites, des services publics, de la qualité de vie des jeunes, d’immigration, de diplomatie, de sécurité publique et même de la lutte contre le chômage, c’est carton plein !...
    Bravo ! Cependant quelque chose me chiffonne : pourquoi donc personne n’a pris le risque de défendre un bilan si flatteur ? d’où vient que, dans ces conditions, le Président de la République ait dû renoncer à se représenter ? comment expliquez-vous les maigrelets 6% de Benoît Hamon, votre candidat désigné par les primaires ? pourquoi avez-vous ayez perdu toutes les élections intermédiaires depuis 2012, et avec elles des dizaines de Régions et de Départements et des centaines de villes ? pour quelle raison le gouvernement a-t-il dû recourir 6 fois à l’article 49-3 devant une Assemblée où il avait pourtant la majorité ? comment les inégalités ont-elles pu continuer à croître dans notre pays, notamment à l’école ? enfin, si vous êtes si fier de votre action, expliquez-nous pourquoi on ne trouve sur vos tracts et affiches de campagne ni logo ni mention de votre parti, le PS ? 
    Là-dessus, curieusement, pas un mot. Et pour cause : car c’est bien votre politique qui nous a menés au bord du gouffre, comme vous le reconnaissez vous-même en évoquant à présent « l’urgence de la situation » et « le cauchemar devant lequel nous nous trouvons »… Un cauchemar que le Parti socialiste a alimenté et auquel vous avez largement pris votre part, d’abord en ne respectant pas les engagements sur lesquels nous vous avions élu, ensuite en poignardant dans le dos votre champion Benoït Hamon - sur lequel vous versez au passage une larme de crocodile - en appelant à voter pour son adversaire. Vous êtes, Monsieur Savary, vous êtes… je cherche comment qualifier votre attitude, mais pas un traître mot ne me vient…
    Mais il y a mieux encore. Maintenant que la maison brûle, que le feu atteint les combles, voilà l’incendiaire débordé qui appelle au secours les gens de cette gauche « irréconciliable », ces gens qu’il méprisait avant que l’élection fût venue: il faudrait voter encore pour vous, « pour sortir du médiocre statu quo actuel, pour reprendre l’initiative, réformer la zone euro, faire de la recherche et de l’énergie des priorités pour l’union… ». Chercheriez-vous donc à nous refaire le coup du discours du Bourget ? Et puis, quel aveu ! Qu’avez-vous fait pendant ces 5 ans, Monsieur l’ex-député Savary, pour laisser derrière vous des chantiers aussi considérables? 
    Enfin, je crains que vous ne nous preniez pour des nigauds… Voter pour vous, ce serait voter pour quoi, au juste, et surtout pour qui ? pour le Savary socialiste refoulé et honteux, ou bien pour le Savary macroniste masqué et recalé ? Ce serait, dans tous les cas, choisir un candidat ni lard ni cochon, ni chair ni poisson et expert en louvoiements pour conserver son poste à tout prix.
    Ce sont ces pratiques, ces errements, ces combines, Monsieur, qui discréditent la politique et les politiciens, que les Français ne supportent plus, dont les Français sont fatigués.
    J’espère qu’ils vous le feront très vite savoir.
                                                                                Gérard RODRIGUEZ

03-Savary